Livre April 24, 2023

Le Livre pour sortir au jour de Jocelyne Saab

Éditions Commune

Trouver l’ouvrage

Le livre : un objet multiple au service d'une œuvre en résurrection

Publié en avril 2023 par les éditions commune à Marseille,Le Livre pour sortir au jour de Jocelyne Saab constitue le huitième volume de la collection « Cinéma hors capital(e) ». Comme le souligne un commentaire de l’éditrice Martine Derain, il est l'occasion de mettre en lumière le « très beau travail éditorial » réalisé autour des archives de Jocelyne Saab. L'ouvrage accompagne et prolonge le travail de restauration mené par l'Association Jocelyne Saab, dont la mission est d'inventorier, restaurer et valoriser l'œuvre de la cinéaste disparue en 2019.

Le titre,sortir au jour, n'est pas anodin. Il évoque ce qui est extrait de l'ombre, ce que la mémoire recèle et qu'il s'agit de dévoiler. L'ouvrage est conçu comme un outil pour « sortir au jour » une filmographie longtemps restée en attente de visibilité. Sa forme même – un livre accompagné d'un DVD – témoigne de cette ambition : donner à voir et à comprendre en même temps.

Une approche protéiforme pour une œuvre protéiforme

L'ouvrage réunit les contributions de plusieurs auteurs aux regards croisés.Mathilde Rouxel, chercheuse en études cinématographiques et responsable de la restauration des films de Saab, resitue historiquement et politiquement le parcours de la cinéaste.Saad Chakali, historien du cinéma, parcourt toute l'œuvre jusqu'aux dernières fictions et ouvre notre regard à une lecture nouvelle.Jean-François Neplaz, cinéaste, propose un article autour de l'écriture de l'histoire par le cinéma. Le livre inclut également des textes de la poétesse et peintreEtel Adnan (notamment son manuscrit pour le documentaireBeyrouth, jamais plus) et du metteur en scèneRoger Assaf, ainsi qu'un entretien inédit avec Jocelyne Saab.

L'approche est donc résolument polyphonique : elle ne prétend pas épuiser l'œuvre mais la faire résonner par la diversité des voix qui s'en emparent.

Le fil conducteur : l'histoire, la guerre, la mémoire

Jocelyne Saab est née en 1948 à Beyrouth. Une grande partie de sa filmographie, en documentaire comme en fiction, est consacrée à la destruction de son pays, le Liban, dans la guerre civile qui l'a déchiré durant quinze ans. Elle a couvert la plupart des guerres du Moyen-Orient, puis s'est tournée vers l'Égypte et le Vietnam, tout en œuvrant à la création d'une cinémathèque libanaise et d'un festival dédié aux cinémas d'Asie.

L'ouvrage s'articule autour de cette obsession : les images de la guerre civile libanaise réapparaissent d'un film à l'autre, se transforment, se confrontent au présent. Le catalogue de l'ouvrage mentionne des sections éloquentes :Le Liban dans la tourmente,Une cartographie des braises,Les maisons brûlées. « Je vis, je dors, je rêve, les journaux n'ont plus de date et ma maison a brûlé », dit un personnage du filmUne vie suspendue – mots qui révèlent un rapport à l'histoire et au temps conditionné par la perte, que la cinéaste n'aura de cesse de conjurer par chaque fragment d'image et de son.

Une œuvre en attente de visibilité

La quatrième de couverture, écrite par la chercheuse et artiste libanaise Ghada Sayegh, pose une question centrale : « Comment saisir une œuvre protéiforme qui a traversé l'histoire pour nous parvenir ? ». L'ouvrage met autant en avant le geste poétique de Jocelyne Saab, hanté par l'histoire et sa transmission, qu'une filmographie en attente de visibilité. Films ébauchés, brouillons, versions multiples, copies en ruines : « tout fragment doit émerger pour s'offrir à notre regard inquiet ».

Le livre inclut une bio-filmographie détaillée (pages 162-172), ainsi que 32 photographies issues des archives Jocelyne Saab. Le DVD qui l'accompagne propose deux films :Beyrouth, jamais plus (1976) en version restaurée etUne vie suspendue (version de 1988).

Accueil critique

La recension duMonde diplomatique de juillet 2024, signée Marina Da Silva, salue l'apport considérable de Jocelyne Saab au cinéma et à l'histoire, soulignant son engagement aux côtés de la gauche libanaise et sa couverture de la Nakba palestinienne.

Contenu

        
Textes : contributions de Mathilde Rouxel,         Saad Chakali, Jean-François Neplaz, Roger Assaf et Etel Adnan

Entretien : « Archive vive », entretien avec Mathilde Rouxel

DVD : deux films –Beyrouth, jamais         plus (1976) en version restaurée etUne vie suspendue (version 1988)

Iconographie : 32 photographies issues des archives Jocelyne Saab

Filmographie : bio-filmographie détaillée (pages 162-172)

Articles de presse et entretiens

Articles de presse

Marina Da Silva, « Le Livre pour sortir au jour de Jocelyne Saab » –Le Monde diplomatique,         juillet 2024. Recension de l'ouvrage, saluant l'apport considérable         de Jocelyne Saab au cinéma et à l'histoire, et soulignant son engagement aux côtés de la gauche libanaise et sa couverture de la Nakba palestinienne. L'article mentionne également le coffret de quinze films édité par Les Mutins de         Pangée.
 https://www.monde-diplomatique.fr/2024/07/DA_SILVA/67197

Sabyl Ghoussoub, « Il était une fois le Beyrouth de Jocelyne Saab » –L'Orient-Le Jour, 2 mars 2024. Article de fond sur l'ouvrage, saluant une « plongée         passionnante dans le cinéma intimiste de Jocelyne Saab qui place Beyrouth au cœur de son travail ».

Émissions radiophoniques et télévisées

Maghreb-Orient Express – TV5MONDE, novembre 2023. Émission consacrée à la sortie du livre et du         coffretJocelyne Saab cinéaste, avec Suzanne el Kenz, Mathilde Rouxel et Sabyl Ghoussoub.

Détails de la publication

Éditeur ou distributeur
Éditions Commune
Collection
Cinéma hors capital(e), n° 8
Année de publication
2023
Date de sortie
April 24, 2023
Pages
194
Format
Broché, 194 pages, 13,5 × 18 cm
ISBN
979-10-91248-23-5
Prix
25 €
Poids
235 g
Soutiens
Centre National des Arts Plastiques, Ville de Marseille, Association Jocelyne Saab, Polygone étoilé (Marseille)

Accéder à cette publication