En 2007, Jocelyne Saab se tourne vers l’art contemporain, et réalise sa première installation vidéo sur vingt deux écrans au Musée National de Singapour. Il s’agit d’une mise en perspective de tout son travail sur la guerre qu’elle propose sous le titre Strange Games and Bridges. Elle expose par la suite ses premières photographies à la foire d’Abû Dhabi en 2007, puis successivement à la foire d’Art-Paris, et des galeries d’Abû Dhabi et de Beyrouth en 2008.
En 2009 elle termine un nouveau long métrage, What’s Going On?, tourné dans sa ville natale. Il interroge une possible renaissance de Beyrouth, et plus généralement le processus de création dans toute sa profondeur. En 2013, elle enseigne à l’IESAV, l’Institut d’Études Scéniques et Audiovisuelles de Beyrouth, où elle réalise un long-métrage avec les étudiants autour de la personnalité auratique d’Henri Barakat. En 2013, Jocelyne Saab réalise pour le MuCEM, Marseille, à l’occasion l’exposition « Au Bazar du Genre », six films sur le thème sexe et genre dans six villes de la Méditerranée orientale, réunis sous le titre Café du Genre.
Elle organise tout au long de sa vie plusieurs événements d’ampleur. En 1992, elle s’engage pour la reconstitution de la Cinémathèque libanaise. Elle opère pour cela un immense travail d’archive et répertorie plus de deux cent cinquante films qui évoquent Beyrouth et le Liban avant, et pendant la guerre. Elle fut décorée de l’Ordre des Chevaliers des Arts et des Lettres pour ce travail monumental, réalisé à l’occasion du film qu’elle montait à l’époque, Il était une fois Beyrouth, qui en garde désormais la trace. À partir de ces archives, elle organise en 1993 le cycle de projections « Beyrouth, mille et une images » à l’Institut du Monde Arabe, événement qui présente tous les films arabes sélectionnés en vue de la reconstitution de cette Cinémathèque libanaise.
En 2013, elle fonde le Festival International du Film de la Résistance Culturelle, dont elle est directrice artistique et déléguée générale. Elle y propose des films d’Asie et de Méditerranée qui questionnent, à travers leur histoire, l’histoire et la situation de Beyrouth aujourd’hui. Un cinéma qui panse les plaies du pays et qui amène à réfléchir à la possibilité de la paix et du respect intercommunautaire. Ce festival s’étend sur tout le territoire libanais.
Elle a à la fin de sa vie réalisé une dernière série de photographies, One Dollar a Day et plusieurs vidéos d’art : One Dollar a Day et Imaginary Postcard en 2016, et My Name is Mei Shigenobu, qui est sorti posthume (2019). Durant ses dernières années, elle travaillait à la réalisation d’un documentaire sur la vie cachée de Mei Shigenobu, Shigenobu, Mother and Daughter.