Télévision libanaise – Canal 7
La Maison Libanaise – diffusé en 1970 Bombardement des Quartiers Palestiniens de Beyrouth – diffusé en 1973
ORTF – 3e chaîne – “ Magazine 52 ”
Kadhafi : l’Islam en marche (1973) – diffusé le 3 août 1973 Entretien avec Kadhafi – diffusé le 7 septembre 1973 Portrait de Kadhafi, l’homme qui venait du désert (1973) – diffusé le 19 mars 1976 Special Proche-Orient : Israël (1973) – diffusé le 11 octobre 1973 La Guerre d’Octobre – diffusé le 18 octobre 1973 Proche-Orient : Egypte – diffusé le 25 octobre 1973 La Guerre en Orient, Egypte – diffusé le 1er novembre 1973 Le Refus syrien – diffusé le 14 février 1974 Irak, la guerre au Kurdistan – diffusé le 23 mai 1974 Vers la paix au Proche-Orient : Les Palestiniens continuent – diffusé le 27 juin 1974 Les femmes palestiniennes (1974) – jamais diffusé (censure)

Au début des années 1970, Jocelyne Saab entre dans le monde de l’image par le journalisme. Après avoir étudié l’économie politique à Beyrouth et à Paris, elle devient journaliste pour la radio et la télévision libanaise, puis reporter de guerre pour la télévision française. Dans un contexte régional marqué par les indépendances arabes, la montée des mouvements de résistance et la guerre froide, elle s’empare du reportage en tant qu’espace d’observation des transformations profondes qui traversent les pays arabes.
Arabophone, Jocelyne Saab est envoyée en Égypte, en Syrie, en Irak, en Libye et en Palestine par l’ORTF pour couvrir les conflits et les crises politiques que connaît la région, comme la guerre d’Octobre 1973 : l’occasion pour elle de filmer ces événements d’un point de vue intérieur, alternatif aux reportages occidentaux habituels. C’est au cours de cette période que Jocelyne Saab fait le choix de travailler au contact direct des situations et des populations qu’elle appréhende. Dès ses premiers reportages, elle ne cherche pas seulement à restituer l’actualité, mais à comprendre les trajectoires humaines qui se trouvent prises dans les grands bouleversements de l’histoire.
Son regard se pose progressivement sur les individus marginalisés par les récits dominants : réfugiés, combattants, femmes, enfants et populations civiles. L’événement politique n’est ainsi jamais séparé des expériences quotidiennes de celles et ceux qui le vivent.
Cette approche façonnera toute son œuvre documentaire : donner une place aux voix oubliées, filmer les conséquences concrètes des conflits et des rapports de domination, et inscrire les histoires individuelles dans une mémoire collective.


À partir de 1973, Jocelyne Saab se rapproche des mouvements de résistance palestinienne et réalise des reportages qui leurs sont consacrés, parmi lesquels Les Palestiniens continuent (1973) et Les Femmes palestiniennes (1974). Ces films témoignent de son inscription au sein des luttes internationalistes et émancipatrices qui émergent à travers le monde, ainsi que de sa volonté de dépasser les représentations simplifiées des conflits. Elle filme en effet la résistance palestinienne pour mettre en lumière les existences, les aspirations et les contradictions qui la constituent.
Si Les Femmes palestiniennes est censuré par l’ORTF et ne sera jamais diffusé du vivant de Jocelyne Saab, ses premiers reportages circulent rapidement à travers les réseaux de télévision européens, et transforment progressivement son rapport à l’image et au journalisme d’actualité.


