MARAYA : un projet de laboratoire dédié à la restauration filmique au Liban

L’objectif de l’Association Jocelyne Saab a été dès les premières heures de trouver au Liban les partenaires qui pourraient envisager l’acquisition d’un scanner et des logiciels nécessaires à la poursuite d’une activité de restauration numérique au Liban, capable d’élargir ses services à l’ensemble de la région.

Au fil des années, l’Association Jocelyne Saab a travaillé avec de très nombreux partenaires (des boîtes de post-production comme Lucid Post et The Post Office, des universités comme l’Université Saint-Joseph et l’Académie Libanaise des Beaux-Arts, des associations dédiées au cinéma comme Metropolis, Nadi Lekol Nas, UMAM, ou la Coopérative des métiers du cinéma), qui ont dû faire face à la violence de la crise économique qui fragilise le pays depuis 2019, à l’explosion du port en 2020, à la guerre sur son territoire depuis 2023. Cette situation difficile a entravé de très nombreux projets, a conduit de nombreux professionnels à quitter le pays, et plusieurs initiatives ont transformé leurs objectifs.

Face à la nécessité de structurer davantage ses activités, l’Association Jocelyne Saab participe en 2025 à la création d’une société civile à but non-lucratif. Maraya (« miroir » en arabe) est une structure basée au Liban, à laquelle l’Association Jocelyne Saab a délégué tous ses équipements : 6 stations de travail entièrement équipées pour le travail de restauration numérique ; la licence permanente + la licence éducative Diamant HS-ART acquises en 2021 ; les licences des logiciels Da Vinci Resolve Studio, ProTools, iZotope RX11 acquis en 2022 ; une enrouleuse 16mm et petits équipements pour la restauration mécanique ; stockage (disques durs) ; mais aussi l’accès à la base de donnée DIAZ acquise en 2025 en partition avec l’association Dodeskaden à Marseille, afin de documenter au maximum chaque film passé entre les mains de l’association et donner accès le plus largement possible aux métadonnées de chaque élément. Ces équipements permettent à ce jour à l’équipe de techniciens d’organiser des ateliers de formation et des services de restauration numérique, qui s’accompagnent généralement d’une indexation et d’un court projet de recherche.

L’acquisition d’un scanner au Liban permettra à Maraya de compléter la chaîne de travail que l’Association Jocelyne Saab tente de développer depuis 2021 : elle pourra ainsi mettre son expertise au service des archives filmiques conservées par les institutions et les associations du Liban et au-delà. L’accès à un scanner à Beyrouth faciliterait non seulement le travail entre les partenaires, déjà mis en réseau, mais permettrait par ailleurs à beaucoup plus de films de réémerger, d’être restaurés et remis en circulation.

Les deux partenaires bénévoles dirigeant la société civile Maraya à Beyrouth sont Nadim Kamel, Karl Salamé et Jinane Mrad. Ils sont accompagnés par toute l’équipe de l’Association Jocelyne Saab.