Un cinéma internationaliste en circulation
Depuis les années 1970, les films de Jocelyne Saab circulent largement, diffusés sur les grandes chaînes de télévision françaises comme France 2, France 3, TF1 et ARTE, ainsi que sur des réseaux internationaux tels que NBC aux États-Unis, NHK au Japon, RAI en Italie et ZDF en Allemagne. Ses documentaires étaient régulièrement sélectionnés dans des festivals en Europe et dans le monde, et plusieurs de ses films – Le Liban dans la tourmente (1975), Égypte, la cité des morts (1977) et Le Sahara n’est pas à vendre (1977) – sont sortis en salles à Paris.
Dès son premier long-métrage de fiction Ghazl Al Banat, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en 1985, jusqu’à Dunia, en compétition à Sundance en 2005 et devenu un film culte dans le monde arabe, l’œuvre de Saab n’a cessé de toucher des publics sur tous les continents et à travers les générations.
Un renouveau depuis 2019
Depuis la création de l’Association Jocelyne Saab en 2019, la circulation de son œuvre a pris un nouvel élan. Grâce à un vaste travail de restauration et à une programmation active, ses films touchent désormais des publics qui n’avaient jamais eu l’occasion de les découvrir.
Les films restaurés ont été présentés dans de nombreuses rétrospectives et projections à travers le monde, notamment à DocLisboa (2019), à la Cinémathèque québécoise (2022) et lors de « The Second Encounter » à Metropolis à Beyrouth (2023). La première rétrospective intégrale en France s’est tenue à Paris et à Marseille en 2023-2024, à l’occasion de la sortie du coffret DVD Jocelyne Saab cinéaste (1974-1982) et du livre Le livre pour sortir au jour de Jocelyne Saab.
En 2024, l’Anthology Film Archives de New York a consacré une rétrospective à ses films, programmée par Kaleem Hawa en collaboration avec ArteEast. Des rétrospectives ont également eu lieu au Divan à Berlin (2023), à One World Romania (2023), et en 2025 au Subversive Festival de Zagreb (Untamed Memory), ainsi que des rétrospectives au Cosmos à Strasbourg et « In the Sights of Jocelyne Saab » en 2025-2026.
Expositions
Le travail photographique et les installations de Jocelyne Saab ont été exposés dans de nombreux lieux à travers le monde de son vivant. En 2007, sa première installation vidéo Strange Games and Bridges a été présentée au Musée national de Singapour, et ses photographies ont été montrées lors de foires d’art à Abou Dhabi et à Beyrouth.
Des expositions récentes lui ont été exclusivement consacrées, notamment un hommage au MaCaM (Modern and Contemporary Art Museum à Alita) au Liban intitulé Jocelyne Saab Against the Tide (2018), une exposition au SOMA à Marseille (2024), et Gardens of War au Subversive Festival de Zagreb (2025), qui a mis en lumière ses archives et son travail visuel.
Son œuvre a également figuré dans des expositions collectives. En 2022-2023, Allô Beyrouth? s’est tenue à Beit Beirut. L’exposition a réuni artistes, chercheurs et journalistes pour explorer l’histoire et la mémoire de Beyrouth. En 2024, Présences arabes. Art moderne et décolonisation. Paris 1908-1988 au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (5 avril au 25 août 2024) a inclus le travail de Jocelyne Saab aux côtés de plus de 130 artistes et 200 œuvres, explorant le rôle de Paris comme carrefour des avant-gardes arabes au XXe siècle.
Un héritage vivant
Des années 1970 à aujourd’hui, les films de Jocelyne Saab n’ont cessé de voyager, portés par la volonté de ceux qui veillent à ce que son œuvre reste un document vivant. Le travail de l’Association Jocelyne Saab – à travers la restauration, la programmation et l’édition – a été central dans cette nouvelle dynamique de circulation, permettant à son cinéma de toucher de nouveaux publics au Liban, en Europe, en Amérique du Nord et au-delà.