L’Association

L’Association Jocelyne Saab a été créée en 2019 avec pour mission de rendre le patrimoine cinématographique de Jocelyne Saab accessible au public libanais. En raison de divers facteurs, notamment l’accès limité de Jocelyne Saab à ses propres films de son vivant, son œuvre cinématographique était alors largement ignorée au Liban. Afin de remédier à cette méconnaissance et de permettre la réalisation des travaux de restauration de ces images, essentielles au patrimoine libanais, directement au Liban, l’Association Jocelyne Saab a commencé par organiser une série d’ateliers destinés aux techniciens libanais, en partenariat avec des institutions européennes et avec la collaboration de sociétés de post-production libanaises. Cette première équipe d’une dizaine de personnes a travaillé à la restauration de 21 films de Jocelyne Saab. Composée de membres parlant tout à la fois arabe, anglais et français, l’équipe de l’Association Jocelyne Saab a pu mettre ses compétences au service d’autres initiatives associatives s’occupant de la valorisation d’autres filmographies des pays arabes (Algérie, Égypte, Maroc, Tunisie, Liban) dès 2024 et organiser au Liban, en Égypte, en Tunisie et à Sharjah d’autres ateliers de formation pour les techniciens des pays arabes, permettant à d’autres films, rares jusqu’ici, de recirculer. En 2025, l’Association a participé à la création de Maraya, une organisation de type société civile à but non lucratif enregistrée au Liban, à laquelle elle a confié tout le matériel acquis au fil des ans et qui travaille avec les techniciens de l’équipe constituée jusqu’alors. Maraya a pour mission d’accueillir des projets de préservation de films, de restaurer des films, de mener des recherches sur leur histoire et de faciliter leur circulation, ainsi que d’offrir ses services et son expertise aux archives et aux initiatives partenaires du projet.

Nos activités

Nos activités concernent la restauration d’archives filmiques issues ou traitant des pays arabes; la formation à la préservation et à la restauration de films; la transmission de savoirs et techniques liées aux pratiques de l’argentique et de l’analogique (montage sur table 16 ou 35mm; projection de film 16 ou 35mm), ainsi que le soutien à la création contemporaine à partir d’archives.

L’Association Jocelyne Saab est détentrice des droits de la majorité des films de Jocelyne Saab (voir « Oeuvres ») ainsi que de son travail plastique et d’écriture.

Conservés pour la grande majorité d’entre elles dans de bonnes conditions aux Archives françaises du film, les films tournés entre 1974 et 1986 en 16mm ont pu être restaurés afin de pouvoir leur offrir une large diffusion. Ces restaurations ont été effectuées à partir des copies de travail de Jocelyne Saab, en positif inversible, très abîmées en raison du travail de montage effectué directement sur le matériel sans que des copies des rushes n’aient pu être faites en négatif ou en internégatif: c’étaient là les techniques de la télévision de l’époque. Les images étaient ainsi très marquées: rayées, tachées, déjà au moment du montage réalisé dans l’urgence en temps de guerre, et affectées également par la suite par la ressortie par Jocelyne du matériel pour d’autres usages dans d’autres projets.

Efforts de restauration

Animée par la volonté de faire connaître ces images pour la plupart jusque-là presque invisibles, l’AJS a donc, dès sa création, entrepris un important travail de restauration et a choisi de mettre en œuvre ce projet au Liban, où la majeure partie des images ont été tournées durant la guerre civile. Cette décision s’est rapidement imposée comme une évidence compte tenu du travail de mémoire initié de son vivant par Jocelyne Saab et ce, alors que le pays sombrait de nouveau dans une grave crise économique, sociale et politique.

Ateliers de formation

Pour mener à bien ce projet au Liban, une première étape de sensibilisation aux enjeux de la préservation filmique s’est engagée auprès des techniciens sélectionnés. Ainsi, grâce au soutien de nombreux professionnels dont l’expertise est mondialement reconnue dans ce domaine – l’Institut national de l’audiovisuel, la Fédération Internationale des Archives Film (FIAF) et la Cinémathèque suisse – comme à l’expertise de plusieurs entreprises de post-production libanaises, l’AJS a organisé une série d’ateliers à Beyrouth avec pour mission de transmettre les différentes techniques de restauration filmique (numérisation, restauration numérique image, restauration numérique son) dans le respect des règles établies par la charte éthique de la FIAF.

Ces ateliers s’adressaient principalement à des techniciens basés au Liban et aux techniciens des structures qui nous ont accueillies, à Gand (KASK & Conservatoriuum) et à Marseille (Polygone étoilé). Ils ont abouti à la formation d’une dizaine de techniciens libanais dont le travail a permis de restaurer les 15 premiers documentaires de Jocelyne Saab. Devenus eux-mêmes formateurs, ils accompagnent aujourd’hui d’autres personnes curieuses de découvrir les différents enjeux liés à la préservation filmique au cours d’ateliers organisés régulièrement par l’AJS dans différents pays arabes (Liban, Egypte, Tunisie, Jordanie) (voir « Nos formations »). Ces ateliers sont également l’occasion de restaurer des films, permettant de les remettre en circulation sans difficulté.

Des partenariats en développement

L’Association Jocelyne Saab a travaillé avec de nombreuses structures travaillant à la valorisation du patrimoine cinématographique des pays arabes : Nadi Lekol Nas (Liban), Cinematheque Beirut (association Metropolis, Liban), Katsakh (Liban/Canada), Salame Archives (Liban), Cimatheque (Egypte), Wekalet Behna (Egypte), le Centre Culturel Algérien (France), Sharjah Art Foundation (EAU), Archives nationales tunisiennes (Tunis).

L’Association Jocelyne Saab tente aussi de valoriser le patrimoine cinématographique arabe présent dans les archives nationales ou de collectionneurs en Europe. Elle a ainsi contracté un accord avec la FÉMIS pour numériser les films étudiants des cinéastes arabes venus faire leurs études à l’IDHEC. Elle travaille aussi avec des structures associatives comme les Archives numériques du cinéma algérien (Saint-Étienne), Talitha (Rennes) qui travaillent spécifiquement sur des patrimoines produits en Afrique du Nord ou par sa diaspora, mais aussi Braquage (Paris) ou Dodeskaden (Marseille) qui participent à la réémergence d’images issues des pays arabes ayant circulé dans les réseaux de ciné-club en France.

L’Association Jocelyne Saab est cofondatrice de l’Archive Circulation Initiative et a participé à la création de Maraya.