Après avoir vécu dans la clandestinité à Beyrouth pour échapper aux Israéliens, le chef de l’OLP Yasser Arafat a quitté le Liban pour un nouvel exil en Grèce puis en Tunisie bord du paquebot « Atlantis ». Il parle de son destin et de l’avenir de l’OLP.

Distribution

Réalisation : Jocelyne Saab
Commentaire : Jocelyne Saab
Production : Jocelyne Saab
Droits de diffusion : Association Jocelyne Saab

Jocelyne Saab s’exprime…

Note d’intention

« En 1973, je rentrais de Libye. Jean-Pierre Rassam était producteur du Portrait de Kadhafi, Jean-François Chauvel lui avait parlé de la manière dont je travaillais dans le désert.
Jean-François me dit que Rassam cherche à me connaitre. C’était une après-midi. Jean-François pour m’avoir vu sur le terrain à l’action ne pouvait pas imaginer un seul instant que j’étais très timide. Je me trouve sur le plateau d’un studio, les spots dans les yeux. En face de moi, assis il y avait Jean-Pierre Rassam et Godard. Ce qui eut pour effet de m’intimider encore plus.
Jean-Pierre essaye de me faire raconter mes exploits dans le désert. Je ne comprenais pas très bien. J’avais réussi à diriger Kadhafi très spontanément comme on dirige un acteur. J’avais senti que je pouvais et j’y avais été. Mais à l’époque je n’avais pas le recul pour savoir le raconter.
Jean-Pierre se lève et me dit tu l’as pris par le bras, parait-il et tu lui a demandé de regarder de telle manière, de se déplacer, de marcher etc… Je ne comprenais toujours pas l’excitation de Jean-Pierre qui avait visiblement déjà vu les rushes…
Ne sachant quoi répondre je m’adresse à Godard et lui dit : les Palestiniens vous demandent où vous en êtes du film que vous avez tourné en Jordanie. Godard avait laissé dormir ces images et c’est beaucoup plus tard qu’il a terminé ici et ailleurs. Évidemment Godard n’as pas répondu. Je ne savais pas que c’était mon ami Elie Sambar qui avait accompagné Godard lors de son tournage en Jordanie.
Plus tard je me suis demandé si ce jour-là ils m’avaient filmé ? Ils s’amusaient tous les deux. Je sentais que j’avais devant moi deux larrons. Je n’ai jamais su s’ils avaient filmé ou pas. Jean-Pierre Rassam m’appelait souvent au début de la guerre du Liban car ces parents habitaient à Beyrouth et, parfois inquiet, il voulait que j’aille voir si tout allait bien. S’ils étaient bien vivant dans leur maison. Jean-Pierre est mort assez jeune et j’ai perdu tout contact. Plus tard lorsque j’ai vu à Cannes le film de Godard j’ai compris qu’il avait vu mon film le Bateau de l’exil. Elie me l’a confirmé. »

Jocelyne Saab